Une vision contrastée du nouveau cinéma mondial
JAPON, États-Unis | 145 minutes | 2015
Fut un temps où l’on pouvait en compter au moins une vingtaine. Aujourd’hui, à Ushimado, petite ville côtière du Japon, elles ne sont plus que six. Signe des temps, la lente disparition des petites usines à huîtres familiales n’est pourtant pas qu’un symbole: elle a aussi des effets bien concrets sur la vie des pêcheurs, des ouvriers manuels et des habitants de la ville, peu enclins à voir la main d’œuvre désormais venue d’ailleurs s’installer chez eux. À partir de plus de quatre-vingt-dix heures d’enregistrement réalisées sur trois semaines, le cinéaste et auteur militant Kazuhiro Soda, installé à New York, documente leur vie quotidienne, souvent bien rude, dans ce documentaire qui, sous ses dehors calmes et contemplatifs, fait également de profonds et terribles constats sur l’état souvent dramatique dans lequel la mondialisation galopante laisse les travailleurs. Présenté au Festival de Locarno, Oyster Factory réussit à merveille le passage du micro au macro en donnant à voir, à travers ces gestes et vies communes, les grandes angoisses et les doutes tiraillant la société japonaise encore prise entre traditions et modernité, entre envie de mieux et peur du changement, entre passé idéalisé et futur incertain. – Helen Faradji PRÉSENTÉ EN COLLABORATION AVEC RIDM
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